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Lagos, Nigeria – La redéfinition du rôle des femmes nigériennes dans la vie politique était l’axe central d’une conférence organisée par les femmes leaders politiques aux niveaux national et local des six principaux partis politiques et les législatrices de l’Assemblée nationale. La conférence d’une durée de deux jours était axée autour des moyens d’accès des femmes à des positions de leadership au sein des partis politiques, permettant de favoriser leur orientation stratégique et leur efficacité dans ces rôles, et de faire des femmes nigériennes une force électorale avec laquelle il faut compter.
À l’occasion de la conférence, les participantes ont lancé le Nigerian Women Interparty Forum (Forum interpartite des femmes nigériennes) qui prend acte de la marginalisation des femmes leaders de partis et de l’importance de l’unité, quel que soit le parti, pour permettre aux femmes de disposer d’une voix en politique. Les femmes leaders ont également participé à des ateliers sur la communication à l’intérieur des partis et entre les partis, et sur les stratégies de sensibilisation pour faire en sorte que les militantes de tous les niveaux d’une structure de parti participent à la prise de décisions.
La conférence, sous les auspices du Réseau Femmes et Démocratie (RFD) en collaboration avec l’International Republican Institute (IRI), était animée par des formateurs du monde entier expérimentés dans le domaine de la direction politique : Christine Abia Bako, membre du parlement ougandais ; Deborah Grey, ancienne membre du parlement canadien ; et Michaela Mojzis-Bohm, responsable de campagne et ancienne directrice générale du Parti populaire autrichien.
Adedoyin Olusoga, Sécrétaire d’État permanente de Lagos pour le Ministère de l’Intérieur et de la Culture, qui est intervenue au nom du Gouverneur Adjoint de l’État de Lagos a ouvert la conférence. Peter Mac Manu, Vice-président de l’Union démocratique internationale et ancien Président du Nouveau parti patriotique du Ghana, a également pris la parole et souligné que "la direction politique et la gouvernance des femmes sont essentielles pour le développement humain et celui de la société, et la mise en œuvre systématique de pratiques visant au maintien de la marginalisation des femmes dans le cadre du processus politique doit cesser.”
La première journée de la conférence était centrée autour de la réalisation d’une évaluation de la situation de la participation des femmes en politique à l’aide de l’outil des points forts, faibles, des opportunités et des menaces (SWOT), et de l’examen des stratégies utilisées par chacune des formatrices au cours de leurs carrières politique ayant permis d’obtenir de bons résultats dans le cadre de la lutte contre des obstacles similaires.
Mme Grey a fait part aux participants de ses expériences politiques tout au long de ses 15 années de service public, et souligné qu’elle doit sa réussite à une attitude positive, sa force et son engagement en faveur de ses convictions. Elle a également prodigué des conseils susceptibles de permettre aux femmes d’aspirer et de se hisser à des postes de direction au sein de partis et de législatures dominés par les hommes sur la base de son expérience de leader minoritaire pour le Parti de la réforme du Canada.
Mme Bako a présenté ses expériences de femme politique et leader en Afrique, en insistant particulièrement sur les moyens de la mise au point de stratégies de sensibilisation efficaces pour favoriser la participation politique des femmes en Ouganda, et a souligné l’importance de l’organisation pour remporter une élection.
À la suite des séances stratégiques, on est passé à des ateliers techniques animés par Mme Mojzis-Böhm. En s’appuyant sur l’analyse SWOT effectuée lors de la première journée, Mme Mojzis-Böhm a identifié des stratégies spécifiques susceptibles d’être mise en œuvre par les participantes pour mettre au point une stratégie de communication efficace dans leurs partis politiques respectifs, et également identifier des alliances stratégiques entre les différents partis et les différentes organisations de la sphère politique.
Mme Mojzis-Böhm a également souligné l’importance de l’authenticité en politique, de la mise au point d’un message politique, de la motivation des membres des partis et de ses sympathisants, et de susciter l’engagement des décisionnaires des partis. Dans le cadre de l’atelier, Mme Bako a fait part de son expérience au sein de la section ougandaise du RFD qui a a formé des conseillers locaux chargés d’informer les électeurs par message SMS en ce qui concerne les questions importantes. M. MacManu a aussi souligné l’importance des rencontres de politiciennes d’autres pays dans le cadre de congrès internationaux, pour s’informer des différentes stratégies utilisées dans différents pays.
Après avoir affirmé le fort intérêt suscité chez les participantes par l’établissement d’alliances stratégiques entre les partis et à l’intérieur de ceux-ci, Mme Mojzis-Böhm a animé un deuxième atelier relatif à la mise au point et aux avantages d’alliances stratégiques au moyen de l’édification préalable d’une fondation reposant sur l’intérêt et la confiance mutuels. Elle a insisté sur l’importance de l’édification d’une alliance autour d’un événement à venir, en soulignant que les prochaines élections au Nigeria devant se tenir en 2015, les femmes disposent de trois ans pour mettre en place une coalition, établir une plateforme, conduire des actions de sensibilisation visant à encourager la participation des femmes, et enfin contribuer à faire de celles-ci une force électorale avec laquelle il faudra compter.
Mme Grey a ensuite indiqué aux participantes qu’il importe de ne pas oublier plusieurs points lors de l’édification d’alliances stratégiques : se concentrer uniquement sur les questions sur lesquelles on peut aboutir à un accord unanime, revendiquer les victoires aussi insignifiantes soient-elles, s’appuyer sur chacune de ces victoires dans la mesure où il s’agit toujours d’une étape significative, et axer ses efforts sur l’exploitation et la consolidation de la crédibilité acquise lors de chaque victoire.
Cette conférence était la troisième à s’inscrire dans une série de collaborations entre le RFD et l’IRI en faveur du développement des capacités politiques au Nigeria. Le Forum interpartite des femmes nigériennes lancé à l’occasion de cette manifestation offre maintenant une plateforme aux femmes, au-delà des conférences, grâce à laquelle elles peuvent échanger des expériences, nouer des relations, et militer en faveur d’un espace politique pour les femmes à l’intérieur et à l’extérieur des partis politiques. Comme l’a souligné une des participantes en insistant sur la nécessité de cette plateforme, « les femmes doivent être encouragées à aspirer à des postes de direction politique et de gouvernance et les moyens correspondants doivent être mis à leur disposition, car il s’agit d’un objectif essentiel au développement humain et de la société ».